{"id":599,"date":"2006-01-21T11:56:52","date_gmt":"2006-01-21T10:56:52","guid":{"rendered":"http:\/\/bandits-mages.antrepeaux.net\/site2015\/?p=599"},"modified":"2015-01-05T12:06:58","modified_gmt":"2015-01-05T11:06:58","slug":"herve-trioreau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bandits-mages.antrepeaux.net\/es\/blog\/2006\/01\/21\/herve-trioreau\/","title":{"rendered":"Herv\u00e9 Trioreau"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>DV<\/strong> une installation de Herv\u00e9 Trioreau\u00a0\u00a0produite par Bandits-Mages<\/em><\/p>\n<p>Trioreau finalise un projet m\u00fbri durant de longues ann\u00e9es. Au centre de cette proposition, il y a le film de Dziga Vertov, L&#8217;homme \u00e0 la cam\u00e9ra. Mais, ici encore, c&#8217;est un r\u00e9gime oppositionnel qui va pr\u00e9sider au travail de TTrioreau. Dans quelle mesure ? Pour le r\u00e9sumer au plus court, on peut d\u00e9crire le film de Dziga Vertov comme une tentative de mise \u00e0 jour de l&#8217;activit\u00e9 citoyenne dans la ville d&#8217;Odessa en Ukraine ; au ras du sol, la cam\u00e9ra est cet oeil qui rend compte de la modernisation, de l&#8217;industrialisation de la ville : L&#8217;homme \u00e0 la cam\u00e9ra est un quelque sorte le point de liaison entre le cin\u00e9ma, la ville et la citoyennet\u00e9. Par ailleurs, Dziga Vertov promeut dans son film le montage cin\u00e9matographique comme v\u00e9rit\u00e9, v\u00e9rit\u00e9 plus pure que l&#8217;oeil propre du corps. Or, la proposition de TTrioreau op\u00e8re par rapport au mat\u00e9riau de base un strict d\u00e9calage : en deux long m\u00e9trages, TTrioreau va court-circuiter la th\u00e9matique de Dziga Vertov. Pour le premier film, il s&#8217;agit d&#8217;un long panoramique a\u00e9rien qui op\u00e8re des cercles concentriques autour de l&#8217;actuelle Odessa. La ville est mise \u00e0 distance en une vision panoptique, elle en devient manipulable au fur et \u00e0 mesure que les architectures, les b\u00e2timents se transforment en pures formes g\u00e9om\u00e9triques. Le second film, quant \u00e0 lui, reprend une des annonces publi\u00e9e par Dziga Vertov dans la Pravda avant la sortie de son film. Le contenu de cette annonce &#8211; Mais o\u00f9 est pass\u00e9 l&#8217;homme \u00e0 la cam\u00e9ra ? (en alphabet cyrillique) &#8211; va \u00eatre tatou\u00e9 sur le dos de l&#8217;artiste, op\u00e9ration film\u00e9e en un long plan s\u00e9quence. Alors que les b\u00e2timents deviennent g\u00e9om\u00e9tries dans le premier film, ce sont maintenant les lettres de l&#8217;annonce qui se transforment en volumes, en quasi esquisses de b\u00e2timents durant la s\u00e9ance de tatouage. Mise \u00e0 distance contre proximit\u00e9, montage contre plan-s\u00e9quence : TTrioreau inverse ici les rapports. Pour autant, le jeu n&#8217;est pas gratuit car, au bout du compte, comme le montre la phrase tatou\u00e9e sur la chair m\u00eame de l&#8217;artiste, une plus grande proximit\u00e9 est atteinte. C&#8217;est de l&#8217;inscription de l&#8217;architecture, du sens toujours d\u00e9cal\u00e9 de cette derni\u00e8re sur le corps propre dont il est question ici : tout se passe comme si la peau prenait la place de l&#8217;oeil, une peau comprise comme membrane sur laquelle vibre le sens polys\u00e9mique de l&#8217;architecture. Les deux films seront projet\u00e9s simultan\u00e9ment, en vis-\u00e0-vis, dans une m\u00eame temporalit\u00e9. Le point de liaison entre les deux projections ne sera pas assur\u00e9 par un acteur physique, mais par l&#8217;immat\u00e9rialit\u00e9 d&#8217;une ellipse sonore qui bouclera les deux moments dans une seule et m\u00eame architecture. Ainsi une seule trame sonore pour les deux films, quadriphonie enveloppante o\u00f9 l&#8217;on red\u00e9couvre les vertus secr\u00e8tes du montage. Aux deux p\u00f4les visuels muets r\u00e9pondent les \u00e9l\u00e9ments sonores utilis\u00e9s dans l&#8217;ellipse. Le rotor de l&#8217;h\u00e9licopt\u00e8re d&#8217;une part, fureur m\u00e9canique d&#8217;une g\u00e9ante toupie (\u00abdziga\u00bb) et la petite machine \u00e0 tatouer d&#8217;autre part avec ses aiguilles lanc\u00e9es \u00e0 travers la chair en singuli\u00e8res rotations (\u00abvertov\u00bb). 64 minutes 32 secondes d&#8217;une musique concr\u00e8te mix\u00e9e dans le souci d&#8217;\u00eatre un \u00e9l\u00e9ment structurel de l&#8217;installation contre l&#8217;expressivit\u00e9 na\u00efve de l&#8217;illustration. La diffusion du son cr\u00e9e l&#8217;espace de rencontre des deux films. Arrach\u00e9s aux deux dimensions de leurs \u00e9crans, ils deviennent l&#8217;espace architectur\u00e9 d&#8217;un lieu d\u00e9concertant pour qui s&#8217;y avance, pour qui s&#8217;immerge dans cet environnement \u00e0 \u00e9chelles multiples que l&#8217;on appr\u00e9hende de l&#8217;oeil et de l&#8217;oreille. Ici la m\u00e9moire convoqu\u00e9e du cin\u00e9ma-v\u00e9rit\u00e9 (\u00abkino-pravda\u00bb o\u00f9 l&#8217;oeil produit autant le r\u00e9el qu&#8217;il l&#8217;enregistre) questionne \u00e0 son tour, dans les mouvements giratoires et bruyants, les espaces b\u00e2tis dans lesquels nos corps t\u00e9moignent des contraintes \u00e0 les habiter.<\/p>\n<p><em>texte de Emmanuel Decouard &amp; J\u00e9r\u00f4me Duvigneau<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DV une installation de Herv\u00e9 Trioreau\u00a0\u00a0produite par Bandits-Mages Trioreau finalise un projet m\u00fbri durant de longues ann\u00e9es. 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